Face aux défis multiples que rencontrent les producteurs de riz et d’oignon des coopératives qu’il appuie, notamment le faible rendement des parcelles, le non-respect des calendriers agricoles ou encore la mauvaise utilisation des intrants, le PADFA II a misé sur une approche de formation innovante : les Champs Écoles des Producteurs (CEP). Fondée sur la pratique, l’observation et l’apprentissage collectif, cette stratégie s’avère être un outil puissant de transformation des pratiques agricoles.
Une approche fondée sur l’expérimentation directe
Le principe des CEP est simple : former les producteurs directement sur le terrain, à travers un cycle de production complet, sur des parcelles expérimentales. Chaque producteur applique à la fois sa méthode traditionnelle, à côté d’une parcelle de démonstration de la méthode améliorée proposée par les techniciens du PADFA II. Les résultats sont ensuite comparés à la fin de la saison. Cette expérience directe et visuelle permet une meilleure appropriation des bonnes pratiques et renforce la confiance dans les innovations proposées. Il s’agit de montrer sur place l’importance de ces bonnes pratiques en les mettant en œuvre dans un espace dédié : choix des semences, respect du calendrier agricole, densité de semis, la lutte contre les ravageurs, la gestion de l’eau ou encore de fertilisation rarationnell
Des résultats concrets sur la productivité
L’impact des CEP est tangible. Les producteurs qui, après constat des résultats positifs de la parcelle expérimentale, ont des rendements plus élevés, et respectent davantage les cycles agricoles. La maîtrise des techniques agricoles permet également d’éviter les dépenses inutiles en intrants ou en main-d’œuvre, augmentant ainsi la rentabilité des exploitations individuelles. Plusieurs témoignages recueillis sur le terrain attestent de cette amélioration sensible dû aux enseignements issus du CEP.
« Grâce au Champ École, j’ai compris que je pouvais mieux produire avec moins d’efforts »
Hailossou Chritine, productrice de riz de la coopérative Barka Lesdi, de Ouro-Doukoudje (Lagdo, Nord), est formelle. Avant de connaître l’expérience du Champ École des Producteurs mis en place par le PADFA II chez eux, elle cultivait depuis plus de dix ans, selon les méthodes transmises par ses parents. « Je semais à la volée, sans savoir combien de semences il fallait par hectare. Je ne connaissais pas les bonnes périodes pour planter. Mes rendements ne dépassaient pas 2 tonnes à l’hectare », confie-t-elle.
Intégrée dans le programme en 2023, elle a suivi tout un cycle de formation pratique sur le terrain, sur le champ de référence, aux côtés d’autres membres de sa coopérative. « On a appris comment bien choisir les semences, comment préparer le sol, espacer les plants, et utiliser les intrants de la meilleure façon . On a surtout comparé nos anciennes méthodes avec les nouvelles. Les résultats étaient clairs : les parcelles suivies avec les techniques du Champ École ont presque doublé les rendements. »
Aujourd’hui, elle applique systématiquement les nouvelles méthodes sur sa propre parcelle. « J’ai récolté 4,6 tonnes sur un hectare cette année ».

Un outil de renforcement communautaire et de durabilité
Les CEP favorisent aussi le renforcement des liens sociaux. En apprenant ensemble, les producteurs développent des mécanismes de solidarité et d’entraide. De plus, les producteurs formés deviennent souvent des formateurs à leur tour, même indirectement : les producteurs non membres de leur coopérative ont naturellement tendance à copier les bonnes pratiques qu’ils voient appliquer chez eux, assurant ainsi leur dissémination dans l’ensemble du bassin de production. des acquis au sein de leurs communautés.
