Le PADFA II), a introduit un mécanisme innovant de cofinancement de plans d’affaires avec les coopératives de producteurs. Cette initiative, basée sur le principe d’une contribution financière conjointe entre le Projet et les bénéficiaires, offre de nouvelles perspectives de professionnalisation et de durabilité pour les producteurs, en particulier ceux des  Filières riz et  oignon.

Un mécanisme de cofinancement efficace

Le principe du plan d’affaire cofinancé est simple mais puissant : les coopératives élaborent, avec l’accompagnement technique du PADFA II, un plan d’affaires réaliste en fonction de leurs besoins bien identifiés par eux-mêmes, et contribuent à hauteur de 20 % du coût total du financement . Le PADFA II prend en charge les 80 % restants. Cette dynamique de responsabilité partagée instaure une culture d’engagement dans les coopératives, et renforce le sentiment d’appropriation des bénéficiaires pour leurs activités, loin de l’époque où les Projets de développement étaient considérés uniquement comme des donateurs ayant leur propre agenda imposé en quelque sorte au bénéficiaires, simples assistés et en rien responsables de tout le processus.

L’avantage de ces plans d’affaire est qu’ils valent feuille de route pour l’activité des coopératives, qui pour leur propre intérêt suivent par conséquent un plan d’action réaliste sans improvisation, avec en réalité une obligation de résultat.

Des investissements concrets et utiles

Grâce aux ressources issues de ces plans d’affaires, de nombreuses coopératives ont pu acquérir du matériel agricole adapté à leurs besoins, notamment des motoculteurs pour les labours et des tricycles*m pour le transport des récoltes. Ces équipements réduisent considérablement la pénibilité du travail et améliorent la logistique interne. Cerise sur le gâteau coopératif : le PADFA II a formé les coopératives à la passation des marchés avec appel d’offre pour ces acquisitions : elles sont donc devenues, en tant qu’entreprises,  des entités autonomes qui gèrent leur affaire dans les règles de l’art.

Sécurisation des campagnes agricoles

L’impact le plus significatif de l’adoption  de ces plans d’affaire cofinancés se  mesure cependant  dans la maîtrise des intrants agricoles. Les coopératives peuvent désormais se fournir à temps en semences, engrais et produits phytosanitaires, sans dépendre de la vente préalable d’une récolte souvent sujette à la fluctuation des prix. Résultat : le respect des calendriers agricoles est devenu possible, et même la règle, ce qui optimise les rendements.

Un modèle durable et rentable

Les intrants achetés par la coopérative ne sont pas distribués gratuitement : les membres les acquièrent contre paiement, alimentant ainsi un fonds de roulement interne permanent. Ce mécanisme évite les ruptures de trésorerie, permet une meilleure anticipation et renforce la résilience des organisations face aux aléas du marché.

Vers une pérennisation de cet acquis

En promouvant l’entrepreneuriat coopératif, ces plans d’affaires préparent les coopératives à continuer leurs activités après la clôture du projet. Le modèle incarne une transition vers l’autonomie financière des groupements de producteurs, un élément-clé pour la pérennisation des acquis des interventions du PADFA II.

La coopérative Socooproriba témoigne

Depuis la signature de la convention avec le PADFA II pour la mise en œuvre d’un plan d’affaires, cette coopérative de Bassamba (Département du Nde, à L’Ouest) a enregistré des avancées significatives dans l’organisation et l’intensification de ses activités agricoles liées à la RIZICULTURE. Ce partenariat s’est concrétisé par un cofinancement d’un montant total de 73 millions de FCFA, dont une première tranche de 20,5 millions FCFAa déjà été reçue.

Avec cette enveloppe, la coopérative a pu acquérir des semences certifiées de riz NERICA 3, distribuées aux membres ; des  engrais pour améliorer les rendements agricoles, d’un montant de près de 11 millions FCFA ; des herbicides sélectifs et totaux, ainsi que des insecticides ; un tricycle récemment acquis, destiné au transport du riz des champs vers les magasins de stockage, facilitant ainsi la logistique post-récolte.

Les impacts sont visibles : les producteurs respectent désormais mieux le calendrier agricole, les récoltes sont meilleures, et les équipements facilitent le travail collectif au sein de la coopérative.

Interrogé sur l’après-projet, Ngomba Rougier se veut rassurant. Selon lui, la coopérative continuera à fonctionner de manière autonome, en s’appuyant sur les acquis du plan d’affaires : « Nous sommes une coopérative pour 99 ans, même nos enfants vont continuer. Nous allons récupérer les fonds des membres pour reconstituer le capital et continuer à acheter les intrants chaque année, sur le modèle du plan d’affaire instauré par le Projet . »

L’initiative de cofinancement des plans d’affaires par le PADFA II se révèle donc être un levier stratégique de renforcement des capacités économiques et organisationnelles des coopératives agricoles qu’il accompagne.

En responsabilisant financièrement les producteurs, en leur permettant un accès aux moyens de production à temps et en structurant la gestion interne, le projet a posé les bases solides d’une agriculture plus compétitive et organisée, capable de répondre aux défis du développement rural au Cameroun, du moins en ce qui concerne la production du riz et de l’oignon.

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