Une solution innovante, associant ventilation, capteurs environnementaux et énergie solaire, est expérimentée dans un entrepôt du quartier Camp-Chinois.
Le défi des pertes après récolte
Après plusieurs mois de travail dans les champs, une partie importante de la récolte d’oignon peut encore disparaître avant même d’atteindre le marché. La raison : les conditions de stockage. Dans les systèmes traditionnels, le taux de pourrissement peut facilement atteindre 40 % de la production, avec des conséquences directes sur les revenus des producteurs.
Du magasin moderne au stockage intelligent
Pour répondre à ce problème, le PADFA II accompagne plusieurs coopératives dans la construction de magasins modernes de stockage, notamment à travers ses antennes de Bafoussam et de Maroua. Mais à Garoua, une étape supplémentaire vient d’être franchie : il ne s’agit plus seulement de disposer d’un espace de stockage, mais d’en maîtriser les conditions de conservation.
Une expérience grandeur nature à Camp-Chinois
C’est dans l’entrepôt de M. WALEFACK Armel, au quartier Camp-Chinois, que cette approche est actuellement expérimentée. À la demande du PADFA II, l’entreprise TECHNAFRIK y a mis en œuvre le sous-projet « Conception et optimisation des entrepôts de stockage d’une capacité de 2 000 sacs d’oignon ».




Température et humidité sous surveillance
Dans cet entrepôt déjà équipé d’étagères et de claies en bois, un système de contrôle et de gestion des paramètres essentiels à la conservation de l’oignon a été installé. Température et taux d’humidité sont désormais au cœur du dispositif.
Le système repose notamment sur des ventilateurs industriels, des circuits de circulation de l’air et des capteurs environnementaux. L’objectif est de créer des conditions plus adaptées à la conservation des oignons et de réduire ainsi les pertes dues au pourrissement.
Le soleil prend le relais
L’innovation ne s’arrête pas au contrôle de l’environnement intérieur. Pour faire fonctionner l’ensemble du dispositif malgré l’instabilité récurrente du courant électrique, une installation solaire a également été prévue.
Cette source d’énergie doit permettre d’alimenter le système sans rupture et de renforcer la résilience de l’entrepôt. Une réponse qui tient donc compte non seulement des exigences techniques de la conservation, mais aussi des réalités énergétiques du terrain.
Une technologie adaptée au contexte camerounais
Pour le bénéficiaire, cette installation constitue une innovation majeure. Le dispositif mis en place à Garoua est présenté comme une adaptation, inédite dans le contexte camerounais, de systèmes modernes de stockage d’oignons observés dans des pays avancés.
Le choix a toutefois été fait d’adapter cette technologie à une échelle moindre et à un coût moins élevé. Une manière de rapprocher l’innovation des réalités des producteurs locaux et de rendre envisageable son utilisation dans le contexte camerounais.
Une nouvelle piste pour la filière
À travers cette expérience, le PADFA II explore une nouvelle voie pour améliorer la conservation de l’oignon. En combinant équipements de ventilation, surveillance des paramètres environnementaux et énergie solaire, le projet entend s’attaquer directement à l’un des maillons faibles de la chaîne de production.
Si l’expérience confirme ses promesses, cette approche pourrait contribuer à préserver davantage de récoltes après la sortie des champs et à limiter les pertes qui pèsent sur les producteurs. À Garoua, l’innovation se joue ainsi dans l’entrepôt, là où quelques degrés de température, un peu d’humidité maîtrisée et une alimentation électrique sécurisée peuvent faire toute la différence.
