Il y a cinq ans encore, AGRELBA n’était qu’un petit groupe d’initiative commune (GIC) de six membres, cultivant de l’oignon sans grande ambition. « C’était juste honnête », résume aujourd’hui l’un des responsables de la structure. Rien, à l’époque, ne laissait présager la transformation spectaculaire qui allait suivre.
Un tournant décisif en 2020
Tout bascule en 2020, avec l’arrivée du Projet d’appui au développement des filières agricoles, phase II (PADFA II), dans la localité. Le projet démarre par un volet formation : structuration en coopérative d’un côté, itinéraires techniques de culture de l’oignon de l’autre. Ces formations posent les bases d’une véritable mue organisationnelle et technique.
Trois ans plus tard, en 2023, le GIC franchit une étape symbolique en se transformant en coopérative. Son effectif triple presque, passant à 23 membres, porté par des résultats déjà visibles sur les parcelles.
Produire plus, produire mieux, moins perdre
Le PADFA II s’est attaqué à deux problèmes majeurs qui plombaient l’activité d’AGRELBA : une production d’oignons insuffisante en quantité comme en qualité, et des pertes importantes après récolte.
Sur le premier front, le projet fournit des semences améliorées et forme les producteurs aux méthodes culturales optimales. L’utilisation de pesticides, l’arrivée d’un début de mécanisation avec un motoculteur, et la mise à disposition d’un pulvérisateur complètent ce dispositif. Les résultats ne se font pas attendre : les rendements passent de 4 tonnes à l’hectare — un oignon jusque-là difficile à écouler — à 8 tonnes à l’hectare. La coopérative espère d’ailleurs dépasser ce tonnage dès cette saison.
Côté commercialisation, l’introduction des ventes et des achats groupés change également la donne : les revenus des coopérateurs progressent nettement, et chacun d’eux se dit aujourd’hui plus à l’aise financièrement qu’auparavant.
S’agissant des pertes post-récolte, nous n’avons plus ce problème puisque en même temps le PADFA II nous a construit un magnifique magasin de 90t, qui nous donne entière satisfaction.
Un plan d’affaires ambitieux, et tenu
Autre apport majeur du PADFA II : l’introduction d’un plan d’affaires, formalisé par un contrat de performance. Ce contrat prévoyait une progression de la production de 52 tonnes en 2024 à 260 tonnes en 2026, rendue possible par la fourniture à temps des intrants prévus dans le plan. Un pari ambitieux, qu’AGRELBA affirme avoir tenu.

Des conditions de vie transformées
Le Président du Conseil d’Administration de la coopérative résume lui-même ce chemin parcouru :
« Avec tout cela les membres de la coopérative AGRELBA ne sont pas devenus riches, mais nos revenus ont considérablement augmenté suite à la mise en œuvre de ce plan d’affaire cofinancé. Nos conditions de vie sont vraiment tout à fait autre chose qu’il y a 5 ans, grâce au PADFA II. »
Un témoignage sans détour : si l’enrichissement n’est pas au rendez-vous, le progrès, lui, est indéniable. Une transformation qu’AGRELBA attribue directement à l’accompagnement du PADFA II — formations, intrants, équipements et appui organisationnel combinés.
De simple GIC agricole à coopérative structurée et performante, l’histoire d’AGRELBA illustre concrètement comment un appui technique et financier ciblé peut faire basculer une filière entière vers plus de production, plus de revenus et une meilleure qualité de vie pour les producteurs.
