« Quand nous avons commencé avec le PADFA II il y a 3 ans, nous étions un peu confus. C’était la première fois qu’un projet de cette nature s’intéressait à notre coopérative, et l’idée d’un possible futur magasin ne nous est même pas venu à l’esprit. C’aurait été comme une blague. Mais des échanges ont eu lieu, et ce besoin a été exprimé, sans que nous y mettions trop la tête.

Mais un jour, le PCA nous annonce, tout heureux : « Ça y est, nous l’avons ! Allez seulement commencer à nettoyer le site » !

Immédiatement, dans la soirée qui a suivi, quelques membres et moi sommes partis entamer le défrichage, jusqu’à carrément 19h, tant nous étions survoltés. Cependant, des doutes subsistaient c’était trop beau pour nous. Mais tout est allé très vite par la suite.

Des techniciens sont d’abord venus commencer l’implantation, et nous fumes vraiment rassurés. D’autant plus des gros engins ont suivi, pour lancer les travaux.

 C’est à ce moment-là que j’ai compris que le temps où je gardais mes oignons sous le lit, et où je ne savais même pas où mettre les pieds dans ma cuisine sans marcher sur des bulbes était terminé.

Nous étions tous tellement contents que nous avons traité les techniciens du chantier comme nos frères et nos enfants durant tous les travaux jusqu’à ce que le magasin soit livré en février dernier, lors d’une cérémonie inoubliable avec Mme la Coordonnatrice nationale du PADFA II elle-même, qui nous a fait cet honneur supplémentaire.

Depuis que le magasin est là, les changements ont été immédiats. Ainsi pour la saison agricole en cours nous avons pu récolter nos oignons à temps, puisque contrairement à avant nous savons que nous disposons de l’endroit qu’il faut pour les conserver. Même comme on n’a pas encore fini installer les étagères, la salle est tellement vaste qu’il y a de la place pour les oignons de chacun et de tout le monde, alors que ça pourrissait au champ faute de lieu de stockage.

Personnellement, je n’ai plus de pression. J’ai un peu vendu en urgence à cause de la rentrée scolaire qui vient dans quelques jours. Sinon maintenant je n’aurai plus besoin de se brader mes oignons, sachant qu’ils peuvent désormais faire même un an ici au magasin.

Même pour l’argent, on sent que rien ne sera plus comme avant. Avant, souvent on était obligé de dépenser pour louer une chambre dans la maison des gens pour stocker notre récolte. On payait, mais ça pourrissait quand même, et s’engueulait parfois avec les propriétaires quand on arrivait chez eux à l’improviste pour tourner les oignons. C’était très compliqué ! En tout cas c’était une sacrée perte non seulement en coût de location, mais aussi en pertes du produit lui-même. De ce point de vue très significatif, ce magasin est en train de changer notre vie. Et ça ne fait que commencer !

Le bâtiment est si important pour nous que, comme le PADFA II est en train de partir, AGRELBA s’est déjà réuni pour voir comment on va assurer son entretien régulier et correct. En fait, le magasin est pour tout le village, au-delà des 26 membres actuels de la coopérative. N’importe qui sera libre d’y louer un emplacement pour ses produits, comme le maïs ou le haricot, moyennant une petite somme comme contribution aux frais d’entretien du bâtiment.

Nous avons tous intérêt à ce que ce bijou que Dieu nous a donnés soit bien conservé. Si le FIDA revient ici dans 10 ans, il va trouver le magasin intact et toujours opérationnel ! ».

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