En cinq années d’accompagnement par le Projet d’Appui au Développement des Filières Agricoles, phase II (PADFA II), la coopérative PRORITOU Producteurs de riz de Touroua, département de la Bénoué, région du Nord, illustre les résultats que peut produire une approche combinant appuis matériels, renforcement des capacités et structuration commerciale.

Une croissance mesurable

Les effectifs de la coopérative sont passés de 8 à 68 membres depuis le démarrage du partenariat avec le PADFA II. Sur la même période, la superficie exploitée a progressé de 46 à 103 hectares, pour une production de 108 tonnes lors de la dernière saison — contre quelques dizaines de tonnes auparavant.

Ces résultats découlent des objectifs fixés dans le contrat de performance et le plan d’affaires cofinancé par le Projet, centrés sur l’augmentation de la production rizicole. Un objectif atteint, selon Zoufana, secrétaire général de la coopérative :

« Entre contrat de performance et plan d’affaire cofinancé, notre principal objectif était d’augmenter notre production de riz. Objectif atteint. »

Des appuis structurés autour de la formation

L’accompagnement du PADFA II s’est décliné en plusieurs volets : mise à disposition de semences, d’engrais, d’herbicides, d’équipements agricoles, de tricycles, d’une batteuse-vanneuse et d’un kit informatique. À ces appuis matériels s’est ajoutée une action de formation d’ampleur, comme le souligne Zoufana :

« 80% des membres ont été formés sur les techniques culturales du riz, ce qui nous a permis de booster notre production du simple au presque triple au bout des appuis reçus. »

Une autonomie économique consolidée

L’un des effets les plus significatifs de l’accompagnement est l’autonomisation de la coopérative. PRORITOU dispose désormais de ressources propres suffisantes pour financer son fonctionnement et son développement :

« Si le PADFA II s’en va, pas de souci : nous sommes autonomes, et nous avons de l’argent. La PRORITOU est même en train de recruter 10 employés sur fonds propres. C’est tout dire. »

Cette autonomie se retrouve à l’échelle individuelle. Zoufana, par ailleurs infirmier de profession, exploitait initialement deux quarts d’hectare pour une dizaine de sacs de récolte par saison ; il en exploite aujourd’hui six, pour 80 sacs. Il décrit ainsi le changement dans sa situation personnelle :

« Du point de vue évolution sociale, j’ai pu me marier, construire une maison. J’ai d’ailleurs incité ma femme à faire une école d’agriculture au lieu de la médecine, pour devenir une technicienne d’agriculture et mieux gagner sa vie dans le riz : une initiative à mettre au crédit du PADFA II. »

« Je n’ai plus aujourd’hui un souci de 10 000 ou 50 000 francs : en cas de besoin je vais au magasin, je sors ce qu’il me faut et tout est OK. »

La commercialisation groupée, levier de performance économique

Sur le plan commercial, la coopérative a opéré une transition significative sous l’impulsion du PADFA II, selon Ayouba, point focal commercialisation. Auparavant, les achats d’intrants et les ventes de récolte s’effectuaient de manière individuelle :

« Auparavant chacun achetait les engrais et pesticides de son côté, et vendait son riz pareil, en gardant quelques sacs seulement pour le magasin de la coopérative. On achetait alors plus cher, et on vendait avec moins de bénéfice. »

Les formations dispensées ont permis d’introduire une gestion collective des achats et des ventes :

« Aujourd’hui à chaque récolte nous regroupons notre riz et nous le vendons ensemble. Idem pour les achats : en groupe les prix sont plus réduits. »

L’impact financier de cette réorganisation est chiffré par la coopérative :

« Sur un sac de riz, on gagne en moyenne 500 francs CFA. Pour une coopérative qui vend plus de 100 tonnes, ça fait beaucoup d’argent et ce d’autant plus que nous vendons surtout à de gros clients venus du Nigeria voisin, un immense marché, dont la frontière est à une encablure de Touroua. »

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