Grâce à son nouveau packaging, le riz de Yagoua conquiert les grandes surfaces
À Yagoua, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, la coopérative TPA (Transformation et Promotion Agro-alimentaire) a vu son activité transformée par l’appui du Fonds d’innovation du PADFA : des emballages complètement repensés, arrivés à point nommé pour lui ouvrir les portes des grandes surfaces de Yagoua, Douala et Yaoundé.
Le riz est bon, l’emballage ne suivait pas
Coopérative agro-industrielle de Yagoua, TPA a toujours eu une grande ambition : donner au paddy local une seconde vie sur le marché national.
« Notre activité est de transformer la matière première le paddy, issu de 450 producteurs de riz, et ensuite le commercialisons sur le marché » — Ahmadou Wadiri, PCA de la coopérative TPA
Mais un bon produit ne suffit pas à convaincre un acheteur en grande surface. C’est ce que la coopérative a appris à ses dépens, sac après sac, avant sa rencontre avec le Fonds d’innovation du PADFA II.
« Avant le Fonds d’innovation du PADFA II, nos produits finis étaient conditionnés dans des emballages pas vraiment attrayants, et cela se sentait quand nous allions présenter nos produits dans les grandes surfaces. Nous avons compris qu’il y avait un problème de marketing : il nous fallait améliorer notre packaging pour une meilleure visibilité de notre marque IRISA sur le marché. »

Les sacs de riz IRISA, désormais reconnaissables entre tous sur les étals — ici le format 25 kg, distingué par le 1er Prix Pierre Castel 2021.
Le CFEM : un appui bien au-delà du sachet
Face à ce constat, le Fonds d’innovation du PADFA II a mis TPA en relation avec le CFEM (Centre de formation et d’éducation aux métiers) de Yagoua. Le PCA de la coopérative est le premier à mesurer l’étendue de cet appui, qui a couvert à la fois l’emballage et la mise en marché du produit.
« La solution nous est venue du PADFA II, avec le Fonds d’innovation. Avec le prestataire CFEM, il a été question de mettre à notre disposition un packaging de qualité qui respecte les normes sur les denrées alimentaires, avec code-barres pour les supermarchés, le tout avec un visuel attractif. Le CFEM nous a fourni des emballages en matière plastique spécifique, suivant le volume du produit empaqueté : 1, 5 ou 25 kg. »
Le promoteur du CFEM lui-même, Maina Aba, décrit une mission pensée dès le départ pour dépasser le seul emballage :
« L’idée de base que nous a soumise le Fonds d’innovation du PADFA II était d’étendre les réseaux de commercialisation du riz local en apportant une amélioration sur le packaging. La coopérative TPA, comme les autres, avait des difficultés avec ses emballages dépourvus de code-barres, de mauvaise qualité et toujours en rupture de stock. Nous avons donc conçu des emballages spécifiques pour l’en approvisionner. Mais nous l’avons aussi mis en relation avec les grands marchés, tout en les accompagnant dans le merchandising direct dans les supermarchés. »
Techniquement, les agents de TPA ont dû s’adapter au nouveau standard de conditionnement. Bangaina Valentin, assistant à la production chez TPA, détaille le parcours du grain une fois le paddy décortiqué :
« Quand le riz est décortiqué, il passe à la calibreuse. Et de là dans la salle de conditionnement, où on l’emballe dans des sacs de 1, 5 et 25 kg, en respectant les gammes : brisures inférieures et supérieures, ou riz complet. »

Dans l’atelier de conditionnement, chaque sachet est pesé puis scellé à la thermosoudeuse avant expédition.
Un emballage normé, doté d’un code-barres et d’un visuel attractif : la condition d’entrée dans les rayons des grandes surfaces était enfin réunie. Pour Ahmadou Wadiri, c’est tout bénéfice pour TPA.
« Avec le nouveau packaging, nos produits ont vite été acceptés, et nous croulons littéralement sous les commandes. On trouve aujourd’hui notre riz IRISA sur les rayons des bonnes surfaces comme Carrefour, Spa, Dovv, Santa Lucia etc. Notre chiffre d’affaires a été considérablement boosté, avec un impact significatif même sur l’employabilité : nous avons recruté des équipes commerciales qui gèrent le marketing dans les supermarchés, avec notamment des séances dégustation. Nous avons également étoffé notre équipe de production et de conditionnement du riz. » — Ahmadou Wadiri

Le format 1 kg « Premium », pensé pour le consommateur urbain et les linéaires de supermarché.
Pour une coopérative dont l’activité repose sur 450 producteurs de paddy, cette nouvelle visibilité en rayon se traduit directement par des affaires en plus : plus de sacs vendus, plus de marchés touchés, et donc davantage de matière première achetée aux producteurs partenaires en amont. C’est tout l’écosystème du riz de Yagoua qui profite de cette percée commerciale portée par le nouveau packaging.

Ahmadou Wadiri, PCA de la coopérative TPA, présente le nouvel emballage — sobre, normé, et porteur de la marque IRISA.
Mettre en valeur le riz camerounais
Au-delà du gain commercial, c’est une question de fierté que porte désormais chaque sac IRISA. La mention « Riz Camerounais Naturellement parfumé » et le sceau du 1er Prix Pierre Castel 2021 affichés sur l’emballage placent le riz de Yagoua aux côtés des meilleures productions agro-alimentaires du pays, et invitent le consommateur à faire le choix du local face au riz importé.

Le riz IRISA prend la route : de l’unité de conditionnement de Yagoua jusqu’aux points de vente.
Pour la coopérative TPA comme pour ses producteurs partenaires, l’appui du Fonds d’innovation du PADFA II aura été bien plus qu’une affaire d’emballage : un véritable levier de croissance, qui a fait entrer le riz camerounais là où on ne l’attendait pas — dans les rayons des grandes surfaces de Yagoua, de Douala et de Yaoundé.
